Depuis l'époque d'Ivan le Terrible les tsars et les dictateurs en Russie, dès qu'ils avaient conquis un territoire, massacraient, chassaient ou déportaient ses habitants pour ensuite les remplacer d'abord par des soldats colons (des cosaques pour protéger ces nouveaux territoires) puis par des hommes venus de Russie et de toute l'Europe en quête d'une terre promise. La première région sur laquelle les Russes déplacèrent à leur gré les populations fut celle des plaines du Sud de l'Ukraine comprise entre l'embouchure du Don et le Dniestr, désertées vers la fin du XVIIIème siècle par les tatars après de nombreuses et sanglantes batailles ayant eu lieu entre la Russie et la Turquie
Afin de présenter dans cet ouvrage une synthèse de ces nombreux déplacements forcés de populations l'auteur a exploré à Paris, à Londres, à Prague, à Vienne et à Minsk de nombreux ouvrages et et des revues dont près d'un tiers avaient été écrits en russe au XVIIIme et au XIXème siècle. Il a découvert de précieux et rares témoignages qui nous éclairent sur les méthodes de transplantation des populations organisées par les Russes sur ce grand échiquier formé par les régions allant de Iekaterinoslav (aujourd'hui Dnipro) et de Kherson jusqu'aux marche de la Transcaucasie près des frontières avec la Perse et la Turquie, en passant par la Crimée et le Caucase.
Le lecteur découvrira dans cet ouvrage des pépites d'informations sur, par exemple, la fondation de Kherson et l'arrivée des Juifs en Nouvelle Russie, le déplacement de tous les chrétiens de Crimée dans la région de Mariopol, l'implantation des Grecs à Balaklava, les larmes de Catherine II devant la ville Caffa en Crimée détruite et pillée par les Russes, les Français à Odessa, la création de la Petite Serbie au Sud de Kiev, la spoliation des tatars de Crimée à l'époque de Catherine II, la transplantation des cosaques Zaporogues des rives du Dniepr au Kouban, le déplacement forcé des Tchétchènes des montagnes dans les plaines, l'exode des Tcherkesses en Turquie, l'exil des Doukhobors et des Molokanes en Transcaucasie, le déplacement des Arméniens du Nord-Ouest de l'Iran au Karabagh, la déportation des Tatars de Crimée pendant la deuxième guerre mondiale.
Alexandre Grigoriantz qui a vécu pendant plusieurs années en Iran, en Colombie, à Prague, et à Minsk est l'auteur d'une quinzaine d'essais parmi lesquels Etrange Caucase (Fayard 1978), La Montagne du Sang-Histoire, rites et coutumes des peuples du Caucase, (Georg Genève 1991), Panorama des Peuples du Caucase (sur Amazon.fr) et plus récemment de Shirin-la Révolte d'une princesse Iranienne contre la voile (sur Amazon.fr).
Il a été parrainé par l'académicien Georges Dumézil lors de son admission à la Société Asiatique en 1979.